dimanche 2 novembre 2014

L'économie du partage, un équilibre

Confession d'une accro du shopping
Après des examens mémorables, j'ai tenté de me remonter le moral. Ma thérapie habituelle consistait en l'action de visiter 10 à 80 boutiques parisiennes afin d'achever mon compte en banque et de me consoler dans l'amas de sacs. 10 à 80 parce que, déjà, je suis plutôt expéditive et je sais très vite si la boutique va me plaire aujourd'hui, à tel point que je ne suis même pas forcée d'y entrer. Mais aussi parce que, dans mes mauvais jours, rien ne me plait.

Pourtant cette fois je suis plutôt enjouée, et tout à fait d'humeur à sillonner la ville pour trouver mon bonheur dans une paire de chaussures. Mais rien n'y fait. Ca ne me plait pas.


J'aime les vêtements de manière générale et la mode pour son côté changeant. J'aime aussi posséder. Je continue à acheter livres et disques parce qu'à mes yeux, une belle bibliothèque a plus de valeur sur le plan moral qu'un disque dur. Evidemment, encore faut-il s'en servir...



Ma bibliothèque


Alors je me suis demandée pourquoi l'accro des wishlist n'avait soudainement plus ce désir de possession. Avez-vous entendu parler d'économie du partage ?

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Elle repose sur l'idée que l'on a pas besoin de posséder pour consommer. Née sur des sites de covoiturage, puis réutilisée par des concepts tels que AirBnb, on peut ne pas posséder mais tout de même utiliser le bien. A condition de faire confiance à la personne, et moyennant un petit prix de location. Le système n'est évidemment rentable que s'il ne s'agit que d'un besoin occasionnel.
Fondamentalement ce n'est pas très neuf. Qui ne prêterait pas sa perceuse à son frère ou voisin ? D'ailleurs, s'il s'agit de louer, des entreprises le font. Kiloutou pour la perceuse en question, Rentacar pour la location de voiture, on peut même louer des vêtements (en boutique, à l'Habibliothèque )



Non la spécificité de l'acte est qu'il ne se fait qu'entre particuliers, court-circuitant les grandes entreprises et le monde de la finance si diabolisé. Ainsi, pas de spéculation, que des relations simples. Alors mon papa rappellerait que ce n'est pas neuf non-plus, qu'il n'y a pas si longtemps on louait son matériel (agricole) ou même sa main d'oeuvre dans les campagnes lorsqu'on en avait pas besoin. Mais à l'époque, il s'agissait de transactions entre amis et voisins, entre personnes qui se connaissent.

Je vous parle, moi, de confier son appartement à un parfait inconnu provenant de l'autre bout du monde. Grace à internet, le propriétaire et le demandeur sont mis en relation si aisément... Tout cela implique pourtant une confiance phénoménale en l'être humain. Si Internet apparaît tel un "village mondial" il n'en est pas un ! 









Cependant le système semble fonctionner, dans le plus grand respect des utilisateurs. Il faut aussi préciser qu'il y a un petit quelque chose de militant dans tout cela. Certes l'ensemble est sans doute rentable. Mais il s'agit aussi d'y croire. Plutôt que d'acheter une perceuse que j'utiliserait peu, sachant que mon voisin en possède aussi une autre qu'il utilise rarement, nous pourrions tout deux utiliser la même. Elle sera ainsi mieux rentabilisée. Mais encore nous économiserons le prix d'une perceuse. Par dessus cela, une perceuse de moins sera fabriquée inutilement. Il y a donc un fond écologique à cela. On retrouve un système équivalent avec l'application Left Over Swap permettant de localiser pour aller les récupérer les restes de cuisine de ces voisins.

Refaite le calcul avec des vélos et vous en revenez aux différents systèmes de vélos en libre service. Faites le avec des voitures, tout cela devient flagrant.

Jeremy Rifkin, économiste

L'économie du partage est un phénomène qui enfle dans les médias ces derniers temps. Ils perçoivent un nouveau mode de vie. Et notamment un économiste spécialiste de la prospective, Jeremy Rifkin, présentait récemment un livre, La nouvelle société du coup marginal zéro, dans lequel il affirme le développement et l'installation de ce système de partage d'ici 50 ans.

Il y a une problématique écologique. Néanmoins, sous couvert de contourner le monde de la finance, on continue tout de même à développer le capitalisme: la moindre possession, de la perceuse au tire-bouchons pourrait devenir un investissement que le propriétaire pourrait être tenté de multiplier. Il deviendrait alors une entreprise de location. Sans parler de la valeur des multiples informations échangées sur internet, les terrifiantes "Big Data". 


Personnellement je suis fatiguée de tout ces calculs. Je crois que surtout, le gens n'ont plus envie d'acheter car ils ont compris que posséder ne rend pas heureux longtemps. Ils veulent vivre. Et il est tellement plus intéressant de dépenser son argent pour voyager, s'ouvrir les portes de différentes activités, que seulement collectionner. 

Levé de soleil sur le Grand Canyon

Biensûr je continue à acheter et à aimer ça. Même des vêtements, si éphémères, car je crois que pouvoir me sentir bien dedans et joliment habillée chaque matin contribuera à me rendre heureuse. Mais même cette part de ma consommation a changée. Je préfère désormais investir, quitte à le payer plus cher, dans un joli pull, d'une bonne qualité et chaud, que je pourrai rentabiliser. Voire même, l'acheter en occasion, en fripes. J'ai aussi tendance à réfléchir plus avant de me lancer, à me demander si l'objet m'est vraiment utile. Je crois qu'il y a une sorte de prise de conscience et de retour aux sources. L'époque du bic jetable est révolue. Sa durée de vie est trop limitée, il est polluant à fabriquer comme à jeter et, bien que son design ne soit pas inintéressant, est-ce vraiment comparable à un stylo plume en argent qui, en plus, sera rechargeable ?




Aujourd'hui, finalement, c'est un équilibre de vie que je cherche. Si je veux marcher et voir de jolies choses, peut-être que la prochaine fois j'irai plutôt faire un jogging et voir une expo ?

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