dimanche 7 juin 2015

Jolies Plumes #2 : Une lettre

C'est avec un peu de retard du à un voyage dont je vous parlerai bientôt que je publie une seconde participation au collectif Jolies Plumes dont le thème de juin est d'écrire une lettre.




Chère Lu,

Je suis à l’autre bout du monde et pourtant c’est à toi que je pense. Aujourd’hui je suis en Chine pour le travail, au milieu de gens si particuliers et différents, et j’ai envie de revenir en arrière, face à ma vie. J’ai fait des bêtises avec toi, ça je ne l’oublie pas. Mais je t’ai perdu en chemin. Cela fait déjà trois ans que l’on ne s’est pas vu ? J’ai appris que tu avais déménagé, que tu as un fiancé, je ne sais même pas ce que tu fais de ta vie. Moi je continue à guetter la lumière à ta fenêtre chaque fois que je sors du métro à Belleville. La déco avait changé, je savais bien que tu n’étais plus là. Mais c’est beau d’espérer te revoir. J’aurais pu te croiser un soir, aller prendre un verre, on se serait raconté notre vie, tout ce qui a changé, et reprendre nos rendez-vous réguliers. Mais non, tu ne passes plus par là. Et moi je suis à l’autre bout de monde au milieu d’un décor qui t’aurais sans doute plu, à toi.

Je me demande parfois si ça aurait pu être différent. Si tout est seulement de ma faute, si tu penses aussi à moi parfois. Je n’oublie jamais ton anniversaire depuis ce jour où tu avais si peur de vieillir, à 15 ans. On n’en est plus là maintenant. Tu étais si belle, est-ce que tu as changée ?

Je ne sais pas si j’ai tant changée. Je suis peut-être un peu plus forte, je saurais enfin te tenir tête. J’ai troqué la musique pour des études de droit, j’ai échangé mes rêves contre des voyages. Il parait qu’on ne perd jamais rien à voyager à travers le monde, que les souvenirs qu’on en rapporte valent plus que l’argent dépensé. Donc j’investi. Mais parfois, je me dis qu’il vaudrait mieux rester à Paris et trouver le courage de t’appeler et plutôt que de négocier un CDD de l’autre côté de la planète.




La raison pour laquelle je n’ai pas pris mon téléphone quand tu m’as dit « On se voit bientôt. » c’est que j’ai voulu avoir quelque chose à dire, quelque chose à te montrer. Je voulais pouvoir être fière d’avoir accompli quelque chose. Mais rien de ce que j’ai pu faire n’étais assez bien pour être placé sous tes yeux. J’ai attendu mais tu n’es pas venue vers moi. Est-ce que parfois tu regardes vers le passé ?

Tu vois je n’ai pas tant changé finalement. Je ne sais pas où tu es, je ne sais pas qui tu es devenue. J’ai attendu que tu fasses un pas vers moi. Pourtant je change moi aussi, petite à petit. Et j’ai peur que lorsque l’on se retrouvera enfin, on ne se reconnaisse plus.


Aujourd'hui je suis aussi loin que faire se peut, et si cette distance ne suffit pas à me rendre le courage, je ne l’aurai donc jamais. On pourrait se retrouver dans un bar à Menil’, ou peut-être que tu souhaiterais me répondre par écrit ?



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